L’ÉCLAIRCISSEMENT AU SUJET DE L’ENDOMÉTRIOSE

Le professeur Charles Chapron, praticien hospitalier, chef du service Gynécologie-obstétrique à l’hôpital Cochin (Paris), spécialiste de l’endométriose, ancien président de la Société de chirurgie et de gynécologie pelvienne (SCGP) et de la European endometriosis league (EEL), Madame Yasmine Candau, présidente de l’association EndoFrance et les experts en chirurgie gynécologique et obstétrique nous proposent un recueil scientifique et médical autour d’une maladie gynécologique, l’endométriose. La deuxième version de l’ouvrage « Idées reçues sur l’endométriose » est éditée le 6 février 2020 chez Le Cavalier Bleu Éditions.

Résumé : L’endométriose, une maladie gynécologique mal connue dont les médias ne parlent pas souvent, touche près d’une femme sur 10 en France. Les femmes atteintes d’endométriose souffrent de douleurs chroniques invalidantes. Mais cette pathologie est encore difficilement diagnostiquée, ce qui retarde la prise en charge adaptée des problèmes gynécologiques et obstétriques des patientes.

Mon avis

Le professeur Charles Chapron, Madame Yasmine Candau et les experts spécialisés en chirurgie gynécologique et obstétrique nous emmènent dans l’univers de la santé des femmes et de la médecine. D’une écriture limpide et incisive, les auteurs et contributeurs de l’ouvrage nous font découvrir l’endométriose, la gestion de la douleur et l’infertilité. Ils relatent les complications possibles de la maladie, les examens médicaux, les traitements, les interventions chirurgicales gynécologiques, les maladies liées à l’endométriose, la fécondation in vitro, la ménopause, la sensibilisation à l’endométriose et le quotidien des femmes face à la maladie. Les compétences des auteurs et contributeurs de l’ouvrage ne sont pas à démontrer et leurs propos se basent non seulement sur la littérature et les études scientifiques mais aussi sur leurs expériences cliniques (consultations, chirurgies…). Dans cet ouvrage, nous retrouvons la définition de l’endométriose et des extraits de témoignages de certaines personnes sur l’endométriose ainsi que des informations complémentaires pratiques autour de la santé. Placés à la fin de l’ouvrage, le glossaire, la bibliographie des guidelines en anglais, les liens des sites en rapport avec l’endométriose, l’infertilité, l’adoption, les informations utiles, quelques articles scientifiques de référence sur la physiopathologie, le diagnostic et le traitement de l’endométriose et l’adresse d’une association française de lutte contre l’endométriose permettent aux lectrices de se documenter et d’aborder cette maladie gynécologique. Cet ouvrage répond à des idées reçues et chacune peut se lire indépendamment.

Cet ouvrage court, pratique et astucieux transmet un message efficace aux lectrices pour les informer, sensibiliser sur l’endométriose et les aider à mieux vivre avec la maladie au quotidien. Un avis complémentaire d’un médecin ou de plusieurs médecins spécialiste(s) de l’endométriose sera nécessaire.

Des témoignages bouleversants

1/ Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Laëtitia, j’ai 34 ans. Je vis avec mon compagnon depuis 4 ans à Nantes et je suis une personne plutôt dynamique et sportive (avant d’être sérieusement abîmée par la maladie). Sociable, j’aime les sorties comme les promenades à pied, les rencontres amicales… bref, avoir une vie normale !

2/ Comment avez-vous su que vous aviez l’endométriose ? Quelles étaient vos réactions ? Connaissiez-vous cette maladie ? Les médecins vous ont-ils expliqué ce que c’était l’endométriose ?

J’ai découvert le nom de la maladie par le biais d’une sage-femme qui me faisait des séances d’acupuncture pour m’aider à gérer les douleurs. Dès la deuxième séance, elle m’a conseillé de me rapprocher d’un chirurgien pour vérifier sa suspicion. Deux semaines plus tard, ma sœur était diagnostiquée, au hasard d’une autre intervention chirurgicale. Après dix ans d’errance médicale, j’ai pris contact avec le chirurgien et celui-ci m’a proposé de m’opérer en cœlioscopie pour retirer les lésions. J’étais très nerveuse mais aussi, soulagée de mettre enfin un nom sur ce qui me poussait à ne pas aller travailler plusieurs jours, par mois, depuis des années. Je me disais que la fin de ma souffrance, soulagée uniquement par des morphiniques, était proche. Je n’ai pas cherché plus d’informations sur la maladie, j’étais surtout angoissée par l’anesthésie générale, je vis loin de ma famille et c’était ma première opération. Mon homme, rencontré trois mois plus tôt, était présent. Heureusement ! Avec le recul, je me dis que notre histoire était faite pour durer, il a enduré cela si vite ! Je n’ai passé aucun examen préalable et n’ai reçu aucune explication. Un mois plus tard, le chirurgien m’opérait et me promettait au réveil que je n’aurais plus jamais mal, il avait soi-disant « tout très bien nettoyé ».

3/ Que pensez-vous des interventions chirurgicales en gynécologie ? Est-ce la meilleure option pour apaiser vos douleurs et/ou tomber enceinte naturellement ?

Dans mon expérience, non. Mon opération a été catastrophique. Mes douleurs ont encore augmenté après l’opération. Je n’ai pas eu de répit malgré les traitements hormonaux testés. Le chirurgien m’a laissé en me disant qu’il ne pouvait plus rien faire pour moi à ma deuxième consultation post opératoire. Il avait tout bien nettoyé mes ovaires, qu’il avait abîmé la réserve ovarienne et j’ai dû m’orienter vers la PMA pour être enceinte. Bref, il ne connaissait pas bien la maladie, sa prise en charge… et si j’avais su, je n’aurai pas accepté l’opération. Les spécialistes que j’ai rencontrés par la suite, m’ont expliqué que dans mon cas, on aurait dû essayer les traitements avant l’opération car les opérations peuvent parfois empirer les douleurs, et même abîmer la fertilité. Grâce à EndoFrance, j’ai eu les contacts de spécialistes qui ont pu poursuivre ma prise en charge, notamment pour la douleur et ensuite pour obtenir une grossesse. Aujourd’hui, les recommandations officielles pour la prise en charge de l’endométriose indiquent que les opérations doivent être réservées à des situations particulières et surtout pas à du diagnostic. Il s’agit de limiter les opérations au maximum au profit de traitements médicamenteux moins invasifs.

4/ Si vous avez des difficultés à être enceinte naturellement, envisagez-vous une fécondation in vitro ? Pouvez-vous en quelques lignes nous parler des étapes de la fécondation in vitro ? Quels sont les risques de la fécondation in vitro ?

J’ai réalisé une FIV pour obtenir ma première grossesse. Mon fils est né en 2018 grâce à cela. Clairement, cela a beaucoup joué sur la perte de confiance en moi, en mon couple, sur ma capacité à vivre légèrement, à lâcher prise. Comment on lâche prise avec deux piqûres à heures fixes par jour, des échographies tous les deux jours pendant trois semaines. Mais grâce à la sophrologie, l’acupuncture, l’ostéopathie, à mon conjoint (toujours le même, il s’est lancé dans cette aventure, un an après notre installation – acceptant ainsi d’avancer notre projet bébé pour avoir le plus de chances de succès possibles), nous avons réussi. Après chaque étape, j’étais heureuse. J’avais tellement peur de ne pas aller au bout du protocole. Mes ovaires ne répondaient pas bien à la stimulation et on m’a laissé entendre qu’on ne me ferait pas la ponction. Heureusement, j’ai eu deux jours de répit et le résultat était mieux. Avec plusieurs ovocytes recueillis, j’étais contente mais il fallait ensuite attendre les appels du biologiste. Celui-ci m’informait du développement des embryons… jusqu’au cinquième jour où on est allé faire le transfert. Quelle satisfaction ! Et puis, les deux semaines d’attente pour aller faire une prise de sang. Le cerveau qui tourne dans tous les sens, sur interprétation de tous les signes… pour avoir le résultat positif ! Mon fils vient de fêter ses 2 ans. Et deux ans après, je tombais à nouveau enceinte, mais spontanément cette fois. Ma fille est née début 2020. Comme quoi, tout est possible !

5/ Après les interventions chirurgicales en gynécologie et la fécondation in vitro, est-ce que votre grossesse et votre accouchement se sont bien déroulés ? Avez-vous des récidives d’endométriose pendant votre grossesse et après votre accouchement ?

Je n’ai eu aucun symptôme d’endométriose pendant mes deux grossesses et il n’y avait pas de récidive entre les deux car j’ai pris un traitement hormonal qui arrêtait les règles pour l’éviter. Je sais que je dois rester attentive aux signes de douleurs et consulter si elle revient mais pour le moment, je ne souffre plus. Mes grossesses se sont bien déroulées, hormis un diabète gestationnel qui a conduit à des accouchements avec complications, mais cela n’est a priori pas lié à l’endométriose. Le bonheur de porter et donner naissance à mes deux enfants, a pris le dessus sur les désagréments rencontrés. J’ai pensé que je ne serai peut-être jamais maman, et je mesure d’autant mieux ma chance, c’est très précieux !

 

1/ Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Virginie, j’ai 31 ans et je suis la représentante régionale EndoFrance pour le Limousin depuis décembre 2017. Depuis le mois de novembre dernier, je suis également représentante des usagers dans un centre hospitalier de ma région. Cette nomination a été possible grâce au fait qu’EndoFrance est une association d’usagers du système de santé agréée par le Ministère de la Santé. Je suis atteinte d’une endométriose digestive profonde ainsi que d’une adénomyose. J’ai été opérée deux fois de l’endométriose et j’ai pu accéder par deux fois à la préservation ovocytaire à cause de mes atteintes. Je suis maman d’une petite fille née le 19 janvier dernier.

2/ Comment avez-vous su que vous aviez l’endométriose ? Quelles étaient vos réactions ? Connaissiez-vous cette maladie ? Les médecins vous ont-ils expliqué ce que c’était l’endométriose ?

J’ai toujours eu des règles très abondantes (voire des règles hémorragiques), de grosses douleurs et des troubles digestifs depuis que je suis réglée (à 11 ans). Je souffre aussi de dyspareunies depuis que j’ai commencé à avoir une vie intime. Tous ces symptômes étaient pour moi « normaux » puisque j’ai consulté huit gynécologues en trois ans, au début de ma vingtaine, qui m’ont tous dit que soit les douleurs étaient normales, soit qu’elles étaient dans ma tête, que je les inventais pour me faire remarquer. En 2015, avec mon ancien compagnon (de qui je me suis séparée quelques mois après ma première opération), nous avons décidé de faire un enfant, j’ai donc arrêté ma pilule, j’ai saigné durant une année entière sans discontinuer, j’en ai donc parlé à mon médecin traitant qui m’a prescrit une IRM pelvienne que j’ai passée en septembre 2015 pour vérifier que je n’avais pas de kyste. En passant l’IRM, je me suis dit qu’encore une fois, on ne trouverait rien, j’ai donc été très surprise en lisant mon compte-rendu. J’avais « trois volumineux noyaux endométriosiques » sur le rectum. Je ne connaissais pas du tout cette maladie, je n’avais même jamais entendu le terme d’endométriose. En attendant mon rendez-vous avec mon gynécologue, je suis allée sur Internet pour me renseigner et j’ai pris peur tout de suite puisqu’à l’époque, on ne tombait pas sur le site EndoFrance. Je suis allée voir sur les forums et j’ai tout de suite lu les messages désespérés de femmes qui ne pouvaient pas avoir d’enfant. Lorsque j’ai vu mon gynécologue, il m’a clairement expliqué que soit j’allais voir un spécialiste PMA, soit il m’opérait et que la dernière patiente qu’il avait opérée, il avait dû lui retirer l’utérus. J’ai donc fait le choix d’aller en PMA. J’ai rencontré le spécialiste PMA qui m’a dit que je devais aller voir un chirurgien digestif pour me faire opérer. Cette dernière m’a simplement dit qu’elle allait nettoyer tout cela et que je devais lui envoyer un faire-part de naissance de mon futur bébé. Je me suis faite opérer le 22 mars 2016, suite à laquelle j’ai eu des explications un peu plus précises sur ce qui s’était passé pendant l’intervention. Puis j’ai commencé un parcours PMA avant de me séparer. Personne ne m’a expliqué ce qu’était la maladie, je n’ai vraiment compris en quoi elle consistait que lorsque j’ai intégré l’équipe EndoFrance en décembre 2017 car j’ai pu avoir une formation poussée sur la maladie. Désormais, j’ai la chance d’être suivie par un spécialiste de la maladie en Limousin (et toute son équipe) à qui je peux poser toutes les questions et qui explique très bien la maladie à toutes ces patientes. J’ai été opérée une seconde fois par ce spécialiste en octobre 2018 juste après un premier cycle de préservation de la fertilité (à l’époque, j’étais célibataire et mon AMH (L’hormone anti-müllérienne) était vraiment très basse et j’avais des endométriomes sur les ovaires ainsi que les « kissing ovaries » ce qui explique le fait que j’ai eu la possibilité d’accéder à cette préservation).

3/ Que pensez-vous des interventions chirurgicales en gynécologie ? Est-ce la meilleure option pour apaiser vos douleurs et/ou tomber enceinte naturellement ?

Pour ma part, je me suis faite opérée de la maladie la première fois pour tomber enceinte mais pas de façon naturelle, pour pouvoir accéder au parcours FIV car dès le diagnostic de la maladie, les médecins m’ont informée que je ne pourrais jamais tomber enceinte naturellement. Je me suis faite opérée une seconde fois pour soulager les douleurs (plus aucun traitement, y compris la ménopause artificielle (DÉCAPEPTYL) ne faisait effet) car mon couple était tout récent et comme je venais de procéder à un cycle de la préservation de la fertilité, j’avais totalement conscience que tomber enceinte naturellement était quasiment impossible. Je pense que les opérations chirurgicales ne doivent être pratiquées qu’en dernier recours pour soulager les douleurs car elles peuvent avoir des conséquences non négligeables sur le quotidien personnel, professionnel et sociale de la femme (pour ma part, lors de la première opération, on m’a retiré le rectum et une partie du colon, et lors de la seconde opération, lors de l’exérèse de mes ligaments utéro-sacrés, un des nerfs de ma vessie a été sectionné, désormais je procède à des auto-sondages urinaires et je ferai cela toute ma vie). De plus, ces opérations n’ont pas vraiment soulagé mes douleurs car elles sont revenues très vite et comme aucun traitement n’a réellement d’effet sur moi, la maladie revient. Concernant les femmes qui veulent tomber enceinte, je pense qu’il appartient au spécialiste de prendre cette décision en accord avec une équipe pluridisciplinaire pour juger de la balance bénéfices/risques pour la patiente. Toutefois, je pense qu’elles peuvent avoir une efficacité certaine dans certains cas.

4/ Si vous avez des difficultés à être enceinte naturellement, envisagez-vous une fécondation in vitro ? Pouvez-vous nous parler en quelques lignes les étapes de la fécondation in vitro et de ses risques ?

J’ai effectué un second protocole de préservation de la fertilité au mois de juin 2019 dans l’optique de démarrer un protocole FIV en fin d’année 2019 – début d’année 2020. Le protocole FIV de 2016 ayant été très vite écourté de par ma séparation, je n’ai pas vécu réellement toutes ces étapes. Toutefois, j’ai vécu les premières étapes d’une FIV avec mes protocoles de préservation de la fertilité puisqu’il s’agit des mêmes étapes que celles d’une FIV. La seule différence, c’est que j’ai vécu ce premier protocole de septembre 2018 seule. Il s’agit d’injections quotidiennes à partir du premier jour des règles en suivant bien l’ordonnance : on commence par une stimulation (j’ai fait le choix de m’injecter le premier produit GONAL, moi-même afin de conserver un peu d’autonomie). Dans le même temps, il faut se rendre au centre PMA tous les deux jours, le matin, très tôt, afin de faire une prise de sang puis d’avoir une échographie des ovaires et des follicules afin de s’assurer de leur croissance et de leur nombre. En fonction de cela, il est décidé d’ajouter des produits à injecter (deux voir trois autres produits en plus du GONAL), injections encore réalisées tous les jours mais cette fois par une infirmière. Lorsque le nombre et la taille des follicules conviennent pour la ponction ovocytaire, le service de PMA m’a appelé pour me signifier le jour de la ponction (toujours le surlendemain matin de l’appel), l’heure de la ponction ainsi que la date et l’heure précise de la dernière injection (DÉCAPEPTYL 0.1 mg) qui permettra l’ovulation au bloc opératoire. Il est donc nécessaire que l’infirmière soit présente à domicile, à l’heure précise. Puis, la ponction a lieu (sous anesthésie générale en ambulatoire dans le centre PMA où j’ai été suivie) et le médecin biologiste est venu me voir pour m’informer du nombre d’ovocytes sains prélevés. Concernant les risques de la FIV, je ne suis pas en mesure de vous les exposer. Toutefois, j’ai beaucoup souffert physiquement durant les deux stimulations ovariennes car il faut avoir ses règles pour commencer le protocole et mes règles se sont réenclenchés 3 jours après chaque stimulation (normalement, le temps moyen est de 8 à 10 jours après chaque ponction).

5/ Après les interventions chirurgicales en gynécologie et la fécondation in vitro, est-ce-que votre grossesse et votre accouchement se sont bien déroulés ? Avez-vous des récidives d’endométriose pendant votre grossesse et après votre accouchement ?

Je suis tombée enceinte naturellement quinze jours après mon second protocole de la fertilité en juin 2019 soit 8 mois après mon opération et après avoir été sous pilule en continu jusqu’en avril 2019. Cette grossesse a été une très grande surprise (miracle). Elle s’est bien déroulée dans l’ensemble (si ce n’est une extrême fatigue et des nausées jusqu’au sixième mois de grossesse), j’ai été suivie par mon spécialiste de l’endométriose et le médecin qui m’a suivie lors de mes protocoles de préservation de la fertilité. Toutefois, à trente et une semaine d’aménorrhée, j’ai fait une rupture utérine spontanée avec hémorragie interne (perte de 1.7 litre de sang), j’ai donc été césarisée en urgence dès mon arrivée aux urgences du CHU où je suis suivie pour l’endométriose et où j’ai été suivie lors de ma grossesse. Aujourd’hui, ma petite fille et moi-même allons bien même si ma fille a énormément souffert lors de l’accouchement (réanimation cardio-respiratoire), elle est restée en réanimation un peu plus de quinze jours puis quinze jours de plus, en néonatalogie. Je n’ai pas ressenti les douleurs de l’endométriose lors de ma grossesse même si j’ai eu beaucoup mal au ventre au début de ma grossesse (phénomène normal au début de la grossesse pour une majorité des femmes). J’ai fait le choix de tirer mon lait le premier mois de vie de ma fille. Dès l’arrêt de l’allaitement, mes règles sont revenues avec de grosses douleurs et malgré la prise d’une nouvelle pilule progestative en continu, je saigne toujours aujourd’hui avec beaucoup de douleurs.

 

1/ Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis Anne, j’ai 34 ans, je suis mariée depuis bientôt trois ans et suis l’heureuse maman de deux garçons, Arthur (6 ans) et Clément (21 mois). Je travaille dans une agence d’assurance en tant que collaboratrice commerciale. J’ai été diagnostiquée en avril 2012.

2/ Comment avez-vous su que vous aviez l’endométriose ? Quelles étaient vos réactions ? Connaissiez-vous cette maladie ? Les médecins vous ont-ils expliqué ce que c’était l’endométriose ?

J’ai appris que j’étais atteinte après plusieurs mois de tentatives pour avoir un bébé et surtout après avoir connu les pires souffrances de mon existence. Mon mari s’est renseigné sur Internet et a découvert le mot Endométriose. Dès lors, il m’a conseillé d’appeler ma gynécologue qui m’a pris immédiatement en charge. Après une échographie endovaginale, le mot était tombé : Endométriose ! Un véritable choc. Je suis remontée dans ma voiture, le courrier à la main pour me diriger vers un spécialiste. Après avoir pris une bonne respiration, je me suis effondrée. Le monde autour de moi s’écroulait et surtout notre projet d’avoir un bébé. Mais une part de moi était soulagée car mes douleurs étaient justifiées : je n’étais pas folle ! Ma gynécologue ne m’a absolument rien expliqué, elle a préféré m’envoyer directement vers un spécialiste qui lui m’a bien entendu, expliqué les tenants et les aboutissants. J’ai eu la chance d’avoir été rapidement bien orientée. Mais dans un tout premier temps, c’est Internet qui m’a donné tous les renseignements et notamment le site EndoFrance.

3/ Que pensez-vous des interventions chirurgicales en gynécologie ? Est-ce la meilleure option pour apaiser vos douleurs et/ou tomber enceinte naturellement ?

J’ai eu deux opérations chirurgicales depuis 2012. Les deux ont été faites pour atténuer les douleurs mais surtout dans le cadre d’un projet FIV / IAC. La première en juillet 2012, peu de temps après mon diagnostic. Les douleurs ont été largement diminuées après cette première intervention. Nous avons voulu commencer par des essais IAC car selon les médecins, il n’était totalement pas envisageable de faire des tentatives naturellement qui avaient très peu de chances de fonctionner et qui ne feraient qu’accentuer la progression de la maladie. Première IAC et ce fut un succès immédiat. Mon fils Arthur est né en juillet 2013. Les médecins nous ont alors conseillés de faire des essais naturels pour un second enfant immédiatement après la naissance d’Arthur. Mais l’endométriose a très vite repris sa place en moi. Quatre mois plus tard, les douleurs s’intensifiaient de nouveau. Nous avons alors démarré les FIV en mars 2014. Une succession d’échecs et de déceptions. En mai 2016, les médecins m’ont proposé une nouvelle opération mais qui à l’époque se solderait sûrement par une stomie. Nous avons refusé. En avril 2017, nous avons enfin décidé d’accepter cette nouvelle opération car les douleurs devenaient insoutenables. Heureusement, mon chirurgien a réussi à éviter la stomie. Nous avons refait ensuite une FIV et le premier essai qui a suivi l’opération, a fonctionné. J’ai pu donner naissance à Clément le 13 juin 2018.

4/ Si vous avez des difficultés à être enceinte naturellement, envisagez-vous une fécondation in vitro ? Pouvez-vous nous parler en quelques lignes les étapes de la fécondation in vitro ? Quels sont les risques de la fécondation in vitro ?

Au vu de mon expérience, bien entendu que je n’hésiterais pas à faire une FIV. Si l’on attend de trop, la maladie progresse et nos chances de tomber enceinte s’amenuisent. Bien sûr, les traitements hormonaux que nous prenons lors de la FIV, alimentent l’endométriose de par la stimulation ovarienne, mais nous avons des chances de tomber enceintes plus rapidement que naturellement.

Pour une Fécondation In Vitro, les étapes sont les suivantes :

  • Mise en veille du corps par un traitement hormonal reproduisant les effets de la ménopause,
  • prise d’un traitement hormonal quotidien par piqûre pour stimuler l’ovulation,
  • consultations quotidiennes pour prise de sang et échographie endovaginale afin de surveiller l’ovulation,
  • lorsque l’ovulation est optimale et qu’il y a suffisamment de follicules, nous procédons à la ponction par chirurgie en anesthésie générale, le conjoint dans le même temps doit faire son prélèvement de sperme,
  • les biologistes vont ensuite procéder à la fécondation des ovocytes pour en faire des embryons,
  • lorsque les embryons sont assez matures, nous passons au transfert dans l’utérus d’un ou deux embryons selon la situation de chacune,
  • la nidation doit alors se faire de manière naturelle. C’est à ce moment-là que nous redevenons une femme comme les autres.

5/ Après les interventions chirurgicales en gynécologie et la fécondation in vitro, est-ce que votre grossesse et votre accouchement se sont bien déroulés ? Avez-vous des récidives d’endométriose pendant votre grossesse et après votre accouchement ?

Après les interventions chirurgicales, j’ai pu mener mes grossesses à terme bien que chacune d’elle ait été des grossesses à risques. Lors de la première grossesse, mon col a commencé à s’ouvrir avec des contractions à cinq mois. L’accouchement démarrait. J’ai été immédiatement hospitalisée et mise alitée. J’ai réussi à tenir bon jusqu’à un peu plus de huit mois. Selon les médecins, cela n’avait aucun rapport avec le fait que cette grossesse était issue d’une FIV. L’accouchement s’est fait totalement naturellement et s’est très bien déroulé sans aucune complication. La seconde grossesse a été menée à terme, mais là encore j’avais beaucoup de contractions donc j’ai été mise en arrêt à cinq mois pour éviter tout risque. En revanche, nous avons dû déclencher l’accouchement car je manquais de liquide amniotique et le bébé était en souffrance. Mais je n’ai eu aucune complication, là encore.

Pour plus d’informations sur cet ouvrage :

https://livre.fnac.com/a10704412/Charles-Chapron-Idees-recues-sur-l-endometriose#omnsearchpos=1

Propos recueillis par Chenda CHUON

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